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Transfert

Re-voir, au-revoir

dimenge 29 de noveme de 2009, per  Annie Lesca

Je savais bien que tu n’étais pas partie.

Depuis quelque temps le Cayok m’attirait, son café (excellent), sa terrasse (accueillante), son menu (sympa)
mais au ras du carrefour et sans parking, c’était bof, alors je ralentissais, tentée, puis je repartais manger ailleurs et ce manège aurait bien pu continuer des années.

Il a fallu un sacré concours de circonstances, et pourtant chacune d’elles a demandé tellement d’énergie et de ténacité que ce ne peut être fortuit : soleil tardif de l’été indien, deux journées par semaine sans matos à transporter, envie irrépressible de vélo après deux ans d’interdit, info sur la consigne à la gare, transfert de l’engin, anti-vol perdu puis récupéré...
pour que je me retrouve enfin ce vendredi midi, attablée à la terrasse du Cayok.

A la table voisine, tu étais assise, silencieuse, face à la gare, profil familier, regardant les gens passer, devant une assiette de sauté de veau que tu as mangé lentement, en plusieurs fois ; je t’ai entendue répondre "Oui" quand la serveuse t’a proposé "Un capuccino ?"
C’est comme ça que j’ai compris que tu étais une habituée ; et tes mains de travailleuse aux articulations nouées si familières ont enclenché le lien.

Aussi, quand je suis allée récupérer mon vélo attaché devant la résidence voisine et que je vous ai vue pénétrer dans le hall d’entrée, j’ai su que je vous rencontrerais à nouveau à la terrasse du Cayok, chaque fois que le chagrin et la solitude deviendraient insupportables. En attendant, vous êtes là-haut, à la fenêtre, face à la gare, à regarder les gens passer.

P.S.

Lo calhòc es l’auseth blanc de la mar grana nòsta.

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