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Textes anciens sur les langues régionales

dimèrcs 12 de genèr de 2005, per  Annie Lesca

Huit textes "d’anthologie" dans la rubrique "Pratiques linguistiques / Langues régionales du site de l’aBC De La LaNGue FRaNÇaiSe

Les langues et le rapport Lanthenas de 1792

Rapport et projet de décret sur l’organisation des écoles primaires, présentés à la Convention nationale, au nom de son Comité d’Instruction Publique, par P. Lanthenas, député à la Convention nationale,
disponible en consultation sur Gallica.

Gaston Paris : Les parlers de France Lecture faite a la réunion des Sociétés savantes, le samedi 26 mai 1888.

Cette conférence - polémique - assez bien connue de Gaston Paris est un texte important de l’histoire de la dialectologie. D’une part il s’agit d’imposer l’idée reprise à Meyer qu’il n’y a pas de limites nettes entre les dialectes permettant de les individualiser (et même qu’il n’y a pas de dialectes mais seulement des traits linguistiques - puisque tout se touche et varie insensiblement : la ’tapisserie’) ni de frontière séparant linguistiquement la France du Nord de celle du Sud et de condamner les travaux (en particulier ceux de Tourtoulon et de Bringuier, les ’vaillants et consciencieux explorateurs’) qui s’orientaient dans ce sens. D’autre part, Paris pose les bases du futur Atlas Linguistique de France et répartit les rôles dans la recherche dans une opération de partage significatif : les érudits locaux, déconsidérés, sont condamnés à être les tâcherons de l’entreprise de récolte : ils récoltent au profit des universitaires parisiens. Tout cela illustre le conflit entre la Revue des langues romanes et Romania.

Félix Pécaut et les langues régionales à l’école de la IIIe République

Dans Quinze ans d’éducation (Notes écrites au jour et jour), Félix Pécaut donne ses derniers conseils pédagogiques, mûris par une longue expérience, aux futurs enseignants. Il y a aborde la question des langues régionales (les patois étant eux exclus a priori). Si l’analyse est relativement mesurée à leur égard, il ne fait guère de doute qu’en dernière analyse elles seront sacrifiées sur l’autel de l’unité nationale.

Rapport Grégoire an II

Texte du célèbre rapport Grégoire, sur la nécessité d’anéantir les patois et d’universaliser la langue française. Prononcé au nom du Comité d’Instruction publique contre les ’patois’. Texte théorique essentiel pour l’histoire du français en France qui ne sera vraiment mis en oeuvre qu’un siècle plus tard.

Grégoire : Questionnaire sur les pratiques linguistiques

Questionnaire de l’abbé Grégoire, pionnier involontaire de l’enquête linguistique. Document important et bien connu de la politique linguistique de la Révolution française.

Barère : rapport du comité de salut public sur les idiomes du 8 pluviose an 2

Texte très important et très connu - auquel fera écho le rapport de l’abbé Grégoire qui suit de peu celui-ci - concernant la question des langues régionales lors de la Révolution française.

Celles-ci posent en effet des problèmes pratiques et théoriques au regard des principes politiques des révolutionnaires dans leur tentative de constituer un nouvel ordre social que ne conaissait pas la monarchie.

source : Certeau, Revel et Julia, Une politique de la langue, Paris, Gallimard, 1975, pp. 291-299

Charles Nodier : Comment les patois furent détruits en Francce, conte fantastique

Romantique intéressé par la question linguistique, Nodier fait partie de cette génération d’écrivains et de penseurs qui a participé à la réévaluation des langues marginales, argot inclus.

Ce petit texte au sous-titre ironique est intéressant à un double titre :
- d’abord parce qu’il s’inscrit dans un mouvement général de défense des langues régionales issu du romantisme
- et ensuite parce qu’il pose clairement la question bien actuelle de l’efficacité d’une politique de la langue.

Partant d’une décision officielle du comité d’arrondissement de Cahors de proscrire la langue locale, Nodier affirme : "aucune langue ne mourra de mort légale et juridique, en face d’un lycée, garottée, bâillonnée, plastronée d’un écriteau de condamnation barbouillé sur le pupitre d’un pédant ! Jamais un recteur, assisté de deux cuistres, ne la jettera dans l’éternité, au nom du roi et de la justice ! Les langues sont plus vivaces : on ne les tue pas".

source : Comment les patois furent détruits en France, brochure extraite des Dissertations philologiques et bibliographiques, 1834-1835.

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