jeudi, 11 janvier 2018|
 

Pourquoi le chat ronronne

Il était une fois un chat roux, l’oeil vif et la patte agile, grand chasseur de petits mulots nocturnes.

Toutes les nuits, quand ses maîtres étaient endormis, tout doucement, il se glissait hors de la maison par la chatière, se faufilait entre les plate-bandes de fleurs et et le grillage du jardin. Et là, hop, il bondissait vers son terrain de chasse favori, les fossés et les terriers ; il se tapissait, sans bruit, moustaches au vent, bien caché par de hautes herbes, et faisait le guêt en attendant qu’une proie pointe le museau.

Mais cet hiver-là il avait fait tellement froid à Noël que les mulots hivernaient au fond de leur cachette et se contentaient de grignoter les provisions patiemment entassées à l’automne.

— Ce n’est pas possible ! s’écriait le chat. Ils sont tous morts !
Patiemment, il attendait encore et encore ! Mais même une patience de chat a des limites, il en baillait d’ennui ... et de faim. Il n’était pas question de rentrer bredouille à la maison. Alors, le ventre vide, il alla se réfugier sur un tas de paille et s’assit tristement. Là-haut, au ciel, la pleine lune brillait, ronde et aussi appétissante qu’une brioche des rois.

— Ah, si je pouvais manger ce gâteau en attendant le retour des mulots, soupirait le chat roux ! Et il finit par s’endormir.

Le lendemain soir, il repartit en chasse, mais sans succès. Il faisait toujours aussi froid, les fossés étaient gelés, aucune proie ne mettait le nez, pardon le museau, dehors.

— Ce n’est pas possible ! se dit le chat, un rival est passé avant moi et a tout dévoré ! Encore une nuit de carème en perspective ! Et il repartit sur son tas de paille.
Là-haut, au ciel, la lune brillait, mais il lui manquait un petit morceau :

— J’ai la berlue, se dit le chat, ma brioche a perdu un morceau ? La faim me donne des hallucinations, au lit !
Et il s’endormit.

Le lendemain et le surlendemain, il repartit chasser mais en vain, la vague de froid continuait et le sol ne dégelait pas. Il revenait de plus en plus rapidement se coucher pour voir où en était la lune, et il finit par comprendre : non seulement son rival dévorait ses mulots, mais en plus il croquait un morceau de lune en dessert tous les soirs. Il le narguait...

— Ça ne se passera pas comme ça ! finit-il par hurler, et pourquoi pas moi ? ce croissant sera mien.

Il grimpa au sommet du clocher, prit son élan, sauta de toutes ses forces le plus haut possible, agrippa de ses griffes la toile céleste et planta ses crocs dans le croissant de lune. Retombé sur terre, il s’en régala et, le ventre enfin plein, il s’endormit de bonheur, se préparant à une digestion sans problème.

Il fut réveillé brutalement par un concert de hurlements et de protestations dans la nuit noire :

— Qui a volé la lune ! Voleur ! Assassin !
Comment faire pour compter le temps et les semaines, sans la lune ?
Comment faire pour soulever les océans et les marées, sans la lune ?
Comment faire pour faire pousser les cèpes l’année prochaine, sans la lune ?
Comment pourrons-nous éclairer nos nuits, sans la lune ?
Maudit sois-tu, sale voleur ! Puisses-tu mourir d’indigestion !

Le chat roux était terrifié, il n’avait jamais été à l’école et ne savait rien de la lune, des semaines, des marées ou des champignons.

— C’est moi, c’est moi, s’écria-t-il ! Je suis coupable !
mais personne ne m’avait parlé de votre amie toute-puissante ! J’ai avalé le croissant mais je ne l’ai pas cassé, il est intact, je vais vous le redonner ! Je vous le jure !

Le chat roux remonta souplement tout en haut du clocher de l’église, il ouvrit tout grand la gueule et se mit à tousser, à tousser de toutes ses forces et finit par recracher le croissant de lune qui fila au ciel.
Et tout le monde l’applaudit, à sa grande joie car il aimait bien les compliments, et le chat roux repartit se coucher, le ventre vide mais soulagé.
Mais en ressortant le croissant avait fait la cabriole et s’était inversé, et c’est depuis ce temps que la lune "croissante" fait le chemin inverse.

Mon histoire n’est pas terminée, en plein milieu de la nuit se fit entendre un petit sifflement, ou plutôt un léger ronflement, tout léger, RON-RON-RON.

En sortant de la gorge du chat roux, les deux pointes du croissant l’avaient écorchée et laissé une cicatrice qui ralentissait la sortie de l’air chaque fois le chat respirait.

— Ça me fera penser à mon repas manqué, se dit le chat roux, faisant bon coeur contre mauvaise fortune, tout fier d’en garder un souvenir bien à lui.

Et c’est depuis ce jour que les chats ronronnent quand ils sont repus, ou font semblant.

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