samedi, 18 novembre 2017|
 

La fable du grain de café

Cette histoire se passe du temps où les animaux parlaient, où les fruits et légumes aussi, et où les grands-mères racontaient à leurs petits-enfants des histoires « à dormir debout ».

Mais cette histoire se passe aussi dans un pays tout près d’ici, dans une maison qui est peut-être la vôtre, dans une de ces cuisines de grand-mère où des chuchotements et des chuintements ne demandent qu’à se faire entendre, un soir où le cafard ne demande qu’à s’installer.

Il était donc une fois, sur la table de cuisine de grand-mère, une carotte, un oeuf et un grain de café, qui profitaient d’un moment de tranquillité entre deux repas, pour se regarder dans le miroir des carreaux, complaisamment pour les deux premiers, timidement pour le troisième.

Le trio

Madame Carotte la fierotte, toute fraîchement sortie de son jardin, fanes déployées et poitrine bombée, rêvait du moment où elle serait délicatement pelée, ce qui ferait ressortir son parfum incomparable, son teint bronzé et son suc revitalisant.

Monsieur l’Oeuf, fraîchement ramassé dans le poulailler, roulait de droite à gauche, très fier de la perfection de ses formes et de la blancheur immaculée de sa coquille. Il rêvait du moment où il se ferait délicatement casser et où il pourrait enfin épandre au grand jour, comme un voile de mariée, sa longue robe transparente (aux pouvoirs astringents pour resserrer les pores de la peau, mais oui madame) au milieu de laquelle trônerait le trésor de sa belle boule jaune d’or.

Le petit grain de café, qui avait fait un long voyage et quitté les montagnes du Guatémala depuis bien longtemps, qui avait résisté à bien des chocs et bien des changements de température, avait beau se regarder sous tous les angles, il ne voyait qu’une forme noirâtre, rabougrie, peu appétissante et au goût amer.

Grand-mère tendait l’oreille et souriait, en regardant leurs reflets tourbillonner, tout en écoutant de l’autre oreille sa fille au téléphone : « une journée pourrie », « le bout du rouleau » ... Alors, tout en surveillant son trio, grand-mère eut une idée et interrompit la conversation avec sa fille : « Rendez-vous dans quinze minutes dans ma cuisine ! »

Grand-mère prit trois casserroles, les remplit d’eau, mit l’eau à bouillir à feu doux, déposa délicatement dans l’une la carotte, dans l’autre l’oeuf et dans la troisième le grain moulu, tout en fredonnant une comptine, en attendant l’arrivée de sa fille :

« je suis la carotte, la carotte,
« ramassée dans le jardin,
« on m’a mise à cuire ce soir...

« je suis le bel oeuf, le bel oeuf,
« ramassé dans l’poulailler,
« on m’a mis à cuire ce soir...

« je suis l’grain d’café, l’grain d’café
« venu d’au-delà des mers,
« on m’a mis à cuire ce soir...

Quand sa fille arriva, elle se précipita à la cuisine pour voir ce que sa mère lui avait préparé pour lui remonter le moral et trouva
- une carotte bouillie toute ramollie,
- un oeuf dur
- ... et un arôme bouleversant de café exotique qu’elle versa dans deux tasses pour partager avec sa mère, en silence.

Et toi qui es-tu face à l’adversité ?
Forte et ferme au départ, ramollie face à la souffrance ?
Fragile au coeur malléable mais bien protégée par ta coquille, dure comme pierre à l’arrivée ?
Ou es-tu grain de café ? qui relâche fragrance et saveur à chaque épreuve et régale ton entourage ?

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