jeudi, 2 novembre 2017|
 

Félix Castan, qui n’avait pas peur d’aller au patac

À l’invitation de Colette Milhé, Jérémy Obispo est venu nous parler de Félix Castan, de sa vie et de son oeuvre, dans le cadre du Festival d’Anthropologie.

Jérémie a eu la chance de rencontrer Félix Castan, aussi le dialogue prenait vie et les deux grands thèmes abordés prenaient une autre couleur :

  • aller-retours permanents entre action et théorisation, comme en témoignait la prose accumulée au fil des ans,
  • contre-pied des tendances des idéologies contemporaines, que ce soit le régionalisme ou le communisme.

UN INTELLECTUEL NON CONFORMISTE

Des rencontres ont fait choc dans sa jeunesse et réorienté durablement une carrière littéraire toute tracée, mettant à profit des épisodes où sa santé a interrompu ses projets du moment ; notamment celle de l’occitan, au point qu’il s’est fait ouvrier agricole pendant deux ans pour s’imprégner de la langue rurale au quotidien.

...je venais de quitter Paris parce que j’étais malade et je voyais que j’étais coupé de la vie culturelle parisienne.

Je me suis senti complètement enterré et ça m’a amené à des réflexions. Je me suis dit : "voilà une nation qui est mal faite, puisque tous les citoyens n’ont pas le droit de participer à la vie culturelle".

J’ai donc découvert qu’il y avait un grand problème national. C’est le problème de la centralisation qui fait que toute la culture est en un point et nulle part ailleurs. C’est un scandale inouï. C’est un scandale humain, c’est un scandale de toute sorte. En même temps que je faisais cette expérience, j’ai trouvé la solution.

J’ai lu une littérature qui me donnait l’impression qu’il y avait peut-être la possibilité de créer une dialectique entre deux pôles. Et je me suis dit que la décentralisation n’aurait pas lieu, malgré toutes les bonnes volontés que l’on peut avoir, si elle ne prenait pas appui sur des cultures et des langues halogènes, d’un autre passé.

Mon idée était de provoquer l’émergence d’une décentralisation réelle, en s’appuyant sur la culture occitane.
INTERVIEW FELIX CASTAN

L’histoire, à trois reprises, a détruit la richesse et la diversité culturelle française au nom d’un centralisme réducteur

  • jusqu’à l’édit de Villers-Cotteret, dont l’objectif était en fait de permettre au français de prendre la place du latin : c’est l’époque de "La Paix de Dieu", du triomphe de la pensée gothique, de la morale et de la force, du pouvoir et de la discipline ;
  • après la révolution française, et la peur des régionalismes non-républicains
  • au XXème siècle et son institutionnalisation systématique : pas de réelle décentralisation culturelle en 81.

Les outils ? LA PÉDAGOGIE D’ABORD, ENCORE ET TOUJOURS

  • Création de l’ieo et de la revue òc : partir du réel, chemin de la citoyenneté. Ne pas opposer culture savante à culture populaire mais privilégier plusieurs entrées à la culture, et adopter une démarche dialectique.
Retrach d’Antoni Perbòsc fach per Eugèni Trutat (sègle XIX/debuta sègle XX), pres de la Bibliotèca Nacionala de Tolosa (Occitània)
  • L’occitan est un catalyseur, le bilinguisme permet le dialogue des deux langues.

LES APPORTS DE LA LITTÉRATURE OCCITANE

- La littérature médiévale :

  • paratge (l’égalité dans la différence), et
  • position de la femme.

- La littérature baroque :

Poesias gasconas (poésies gasconnes), dédiées à Henri de Navarre (1567). Elles sont composées de quatre parties : Vers eroics (vers héroïques), Eglogas (églogues), Epistolas (épîtres), Cant nobiau (chant nuptial).

- Les écrivains de la seconde moitié du XXème siècle autour du Manifeste de Nérac de 1956 de Castan et Manciet :

La ligne Imaginot

Je suis convaincu que la littérature occitane a une mission en France, ce que beaucoup de militants occitans ont du mal à admettre. Ils ne veulent pas que leur langue, que leur littérature, que leur culture, ait une mission pour la France. Ils veulent qu’elle ait une mission pour eux. Cette sorte de pensée nationalitaire occitane est une impasse totale.

Je pense plutôt que la littérature et la culture occitane, sont des leviers pour transformer la nation française.

Bibliographie aux éditions Cocagne

LES ÉVÉNEMENTS CULTURELS

Félix Castan et son épouse Marcelle Dulaut ont été d’inlassables créateurs de rencontres d’artistes qui sont devenues des événements pluridisciplinaires multiculturels "périphériques".

- Le Salon d’Art Nouveau à Montauban de 1954 à 1964

- La Mòstra del Larzac

- Le Festival de théâtre de Montauban, avec sa sœur, spécialiste du siècle d’or espagnol

- Les journées internationales du baroque.

Je me suis trouvé en face d’une autre époque, celle du 17ème siècle, qui était absolument ignorée. J’ai été frappé par cette époque baroque et j’ai fait un centre baroque, ici à Montauban, pour étudier cette conscience et cette civilisation.

Dans cette perspective, j’ai pu étudier en même temps, la littérature et la culture occitanes, en étudiant des philosophes, des écrivains, des musiciens, des peintres, des sculpteurs…

La référence au baroque est très intéressante, parce que c’était l’époque de la multipolarité.

Il y avait des capitales et puis les œuvres elles-mêmes étaient multipolaires et jouaient sur les contradictions.

Esprits nomades

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