lundi, 20 novembre 2017|
 

Dix jours à Majorque

Sur les traces de George Sand et Chopin
Le départ
Le voyage, côté passagère
Le voyage, côté chauffeur

PLEIN SUD


Au pays du vent
l’arrivée

Commentaires de George Sand

Car Majorque est pour les peintres un des plus beaux pays de la terre et un des plus ignorés. Là où il n’y a que la beauté pittoresque à décrire, l’expression littéraire est si pauvre et si insuffisante, que je ne songeai même pas à m’en charger. Il faut le crayon et le burin du dessinateur pour révéler les grandeurs et les grâces de la nature aux amateurs de voyages.







Lire les souvenirs d’un voyage d’art à l’île de Majorque, par J.-B. Laurens, ce fut pour moi une véritable joie que de retrouver Majorque avec ses palmiers, ses aloès, ses monuments arabes et ses costumes grecs. Je reconnaissais tous les sites avec leur couleur poétique, et je retrouvais toutes mes impressions effacées déjà, du moins à ce que je croyais. Il n’y avait pas une masure, pas une broussaille, qui ne réveillât en moi un monde de souvenirs, comme on dit aujourd’hui ;
Majorque, l’île dorée.



la côte nord, escarpada y horrorosa, sin abrigo ni resguardo (Miguel de Vargas)

Quoique Majorque ait été occupée pendant quatre cents ans par les Maures, elle a gardé peu de traces réelles de leur séjour. Il ne reste d’eux à Palma qu’une petite salle de bains.
Des Romains, il ne reste rien, et des Carthaginois, quelques débris seulement vers l’ancienne capitale Alcudia, et la tradition de la naissance d’Annibal, que M. Grasset de Saint-Sauveur attribue à l’outrecuidance majorquine, quoique ce fait ne soit pas dénué de vraisemblance.

"Les Majorquins prétendent qu’Hamilcar, passant d’Afrique en Catalogne avec sa femme, alors enceinte, s’arrêta sur une pointe de l’île où était bâti un temple dédié à Lucine, et qu’Annibal naquit en cet endroit."(Grasset de Saint-Sauveur)

À Majorque, elle (la nature) fleurit sous les baisers d’un ciel ardent, et sourit sous les coups des tièdes bourrasques qui la rasent en courant les mers. La fleur couchée se relève plus vivace, le tronc brisé enfante de plus nombreux rejetons après l’orage ; et quoiqu’il n’y ait point, à vrai dire, de lieux déserts dans cette île l’absence de chemins frayés lui donne un air d’abandon ou de révolte qui doit la faire ressembler à ces belles savanes de la Louisiane, où, dans les rêves chéris de ma jeunesse, je suivais René en cherchant les traces d’Atala ou de Chactas.

En se retournant, on distingue, au sommet d’un mont, une de ces jolies maisonnettes arabes que j’ai décrites, à demi cachée dans les raquettes de ses nopals, et un grand palmier qui se penche sur l’abîme en dessinant sa silhouette dans les airs. Quand la vue des boues et des brouillards de Paris me jette dans le spleen, je ferme les yeux, et je revois comme dans un rêve cette montagne verdoyante, ces roches fauves et ce palmier solitaire perdu dans un ciel rose.

Quant à moi, je n’ai jamais mieux senti le néant des mots que dans ces heures de contemplation passées à la Chartreuse. Il me venait bien des élans religieux ; mais il ne m’arrivait pas d’autre formule d’enthousiasme que celle-ci : Bon Dieu, béni sois-tu pour m’avoir donné de bons yeux !

Au reste, je crois que si la jouissance accidentelle de ces spectacles sublimes est rafraîchissante et salutaire, leur continuelle possession est dangereuse. On s’habitue à vivre sous l’empire de la sensation, et la loi qui préside à tous les abus de la sensation, c’est l’énervement.

Sas atlotes, tots es diumenges,
Quan no tenen res mes que fer,
Van à regar es claveller,
Dihent-li : Veu ! jà que no menjes !

« Les jeunes filles, tous les dimanches,
« Lorsqu’elles n’ont rien de mieux à faire
« Vont arroser le pot d’œillets,
« Et lui disent : Bois, puisque tu ne manges pas !

La mère répond :

Atlotes, filau ! filau !
Que sa camya se riu ;
Y sino l’apadassau,
No v’s arribar’à s’estiu !

« Fillettes, filez ! filez !
« Car la chemise va s’usant (littéralement, la chemise rit).
« Et si vous n’y mettez une pièce,
« Elle ne pourra vous durer jusqu’à l’été.

Lorsqu’une Mallorquine vous dit ces paroles d’adieu, si doucement mélodieuses : « Bona nit tengua ! es meu cô no basta per dî li : Adios ! »

« Bonne nuit ! mon cœur ne suffit pas à vous dire : Adieu », il semble qu’on pourrait noter la molle cantilène comme une phrase musicale.

C’est le Mercader mallorqui (le marchand mallorquin), troubadour du quatorzième siècle, qui chante les rigueurs de sa dame et prend ainsi congé d’elle :

Cercats d’uy may, jà siats bella e pros,
‘quels vostres pres, e laus, e ris plesents,
Car vengut es lo temps que m’aurets mens.
No m’aucirà vostre ’sguard amoros,
Ne la semblança gaya ;
Car trobat n’ay
Altra qui m’play,
Sol que lui playa !
Altra, sens vos, per que l’in volray be,
E tindr’ en car s’amor, que ’xi s’conve.

« Cherchez désormais, quoique vous soyez belle et noble,
« Ces mérites, ces louanges, ces sourires charmants qui n’étaient que pour vous ;
« Or, le temps est venu où vous m’aurez moins près de vous.
« Votre regard d’amour ne pourra plus me tuer,
« Ni votre feinte gaieté ;
« Car j’en ai trouvé
« Une autre qui me plaît :
« Si je pouvais seulement lui plaire !
« Une autre, non plus vous, ce dont je lui saurai gré,
« De qui l’amour me sera cher : ainsi dois-je faire.

un chemin escarpé
Une ouverture béante

Je descendis par un autre sentier, m’accrochant aux ronces et embrassant les aiguilles de pierre dont chacune marquait une nouvelle cascade du sentier.
Enfin, je commençais à entrevoir la bouche immense de l’excavation où les vagues se précipitaient avec une harmonie étrange. Je ne sais quels accords magiques je croyais entendre, ni quel monde inconnu je me flattais de découvrir, lorsque mon fils, effrayé et un peu...
Je ne me consolerai donc jamais de n’avoir pas pu tourner le rocher. J’aurais peut-être vu là Amphitrite en personne sous une voûte de nacre et le front couronné d’algues murmurantes. Au lieu de cela, je n’ai vu que des aiguilles de roches calcaires, les unes montant de ravin en ravin comme des colonnes, les autres pendantes comme des stalactites de caverne en caverne, et toutes affectant des formes bizarres et des attitudes fantastiques. Des arbres d’une vigueur prodigieuse, mais tous déjetés et à moitié déracinés par les vents, se penchaient sur l’abîme, et du fond de cet abîme une autre montagne s’élevait à pic jusqu’au ciel, une montagne de cristal, de diamant et de saphir. La mer, vue d’une hauteur considérable, produit cette illusion, comme chacun sait, de paraître un plan vertical.
L’explique qui voudra.


J’avais toujours rêvé de vivre au désert, et tout rêveur bon enfant avouera qu’il a eu la même fantaisie.
Mais croyez-moi, mes frères, nous avons le cœur trop aimant pour nous passer les uns des autres ; et ce qu’il nous reste de mieux à faire, c’est de nous supporter mutuellement ; car nous sommes comme ces enfants d’un même sein qui se taquinent, se querellent, se battent même, et ne peuvent cependant pas se quitter.


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