jeudi, 26 octobre 2017|
 

Billet d’humeur de Catherine Chabrun

Dimanche dernier, sur le blog de Catherine Chabrun, des phrases qui vont droit au but.

La souffrance est partout et touche de plus en plus d’enfants et d’adultes.
Dans nos classes, nous la percevons quotidiennement, elle contamine les attitudes, les comportements et les résultats de nos élèves qui viennent à l’école, marqués par les problèmes et les angoisses que vivent leurs parents.

L’enfant, peut-il laisser à la porte de l’école ce qu’il voit, entend, ressent tous les jours chez lui ?

Peut-il mettre en sommeil, l’angoisse partagée autour de la table familiale ?

Peut-il oublier, l’humiliation de ses parents dans leur quête de survie ?

Peut-il être insensible à l’absence d’avenir de ses grands frères et sœurs ?

De plus en plus de familles sont touchées par la précarité, une situation qui se prolonge et les atteint de plus en plus profondément.

Mais qu’importe, le gouvernement français se montre prêt à tout pour conserver sa bonne note, le fameux « triple A », c’est même son unique préoccupation et argument de campagne pour la présidentielle. Tous les projets hormis le sien seraient inconséquents, voués au suicide économique...
Tous les jours, on nous rabâche ad nauseam : c’est la crise, l’État ne peut plus se permettre de financer les services publics comme avant !

Des experts expliquent, démontrent, statistiques à l’appui, dans tous les médias l’intérêt des réductions des dépenses publiques, des réformes de retraite, des agences de notation, de la règle d’or, des régulations de marché, des produits toxiques, des remboursements de dette, des taux d’intérêt…

L’effort demandé deviendrait juste, même équitable si chaque citoyen en comprenait les raisons !

Il va en falloir de la pédagogie !

Et en musique de fond pour nous bercer : la pauvreté est une faillite individuelle qui commence dès l’école, c’est la conséquence de comportements inadaptés à ce que demande la société.

Un peu de pitié, un peu de charité, quelques dons pour apaiser les consciences, mais sans plus. La misère dérange, elle s’habille de délinquance et fait peur. Alors, on la dégage des gares, des centres-villes, des zones touristiques et on la contient dans les périphéries, les décharges, les terrains vagues…

Loin des yeux et loin du cœur !

Le budget 2012 va donc poursuivre ses réductions de dépenses au détriment :

  • de la jeunesse (moins d’enseignement public, d’éducation populaire, de culture...)
  • de la santé (moins de Sécurité sociale, de services publics hospitaliers…)
  • du logement (augmentation des loyers, des assurances, de l’énergie...)
  • de l’emploi (délocalisations, licenciements, traitement en baisse du chômage et de ses indemnités...)
  • des transports (tarifs en hausse des cartes, des billets, des assurances, des carburants... )
  • etc.

Tout ce que contenait le programme du Conseil national de la résistance de mars 1944 !

Quant aux recettes 2012, pas question de fiscaliser les grosses fortunes, sont prévues des augmentations de TVA, particulièrement injustes, car elles ne tiennent pas compte des revenus et pénalisent les plus précaires (celle sur les boissons sucrées par ex), quelques niches fiscales supprimées, l’augmentation du tabac... mais dans toutes ces mesures, pas question de toucher aux produits des investissements des entreprises et des établissements bancaires.

Des centaines de milliers de citoyens ont acheté et lu l’appel de Stéphane Hessel, « Indignez-vous ! ».

L’indignation est nécessaire, mais est-elle suffisante ?

S’engageront-ils ?

Se mobiliseront-ils ?

Catherine Chabrun, ICEM - Pédagogie Freinet, Responsable des publications
catherine.chabrun@icem-freinet.org

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